La photographie de la honte

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La photographie dite de « la Tondue de Chartres » a beau être mondialement connue et figurer dans de nombreux manuels scolaires, personne ne connaît vraiment l’histoire extraordinaire de ses acteurs et témoins.

Elle est l’une des photographies les plus remarquables de la Libération en France, l’une des plus dramatiques aussi. Elle est l’œuvre d’Endre Erno Friedmann, alias Robert Capa (1913-1954), correspondant de presse du magazine Life, reporter-photographe d’origine hongroise, qui sera naturalisé américain après-guerre et futur co-fondateur de l’agence Magnum. Dix semaines après avoir débarqué, à l’aube du 6 juin 1944, à Omaha Beach avec la première vague d’assaut américaine, simplement armé de deux Zeiss Ikon Contax, Capa arrive le mercredi 16 août dans le centre ville de Chartres avec les libérateurs d’outre-atlantique.

L’épuration a commencé depuis le matin. Des « collabos », hommes et femmes, ont été arrêtés et rassemblés dans la cour dite « des bureaux » (ou « des communs ») dans l’enceinte de la préfecture de l’époque rue Collin d’Harleville (aujourd’hui résidence privée du préfet d’Eure-et-Loir). Trois collaborationnistes (Rousseau, Coué et Ménardeau) y sont sommairement exécutés entre 7 et 10 heures et demie du matin. Plus tard, un coiffeur procède à la tonte d’une dizaine de femmes coupables de « collaboration horizontale ». Capa apparaît à ce moment. Il immortalise les sujets humiliés avant et pendant leur exposition à la foule vindicative qui hurle derrière les grilles.

La scène célèbre se déroule l’après-midi. Les responsables FFI locaux ordonnent qu’on reconduise une famille honteuse jusqu’à son domicile des numéros 18 et 20 de la rue de Beauvais (rebaptisée après-guerre en rue du Docteur-Jacques-de-Fourmestraux). Robert Capa quitte précipitamment la préfecture pour se placer en avant de la procession. Il se tient au milieu de la chaussée, à l’entrée de la rue du Cheval-Blanc.

Au fond, un grand drapeau tricolore flotte, accroché au portail de la préfecture ; au second plan, sur l’actuelle place Jean-Moulin située au carrefour de la rue Sainte-Même, à gauche, on devine le flanc invisible du collège d’enseignement général de filles devenu collège Jean-Moulin, à droite, on aperçoit la façade (avec les briques apparentes du 1er étage) de l’étude notariale de Maître Mathieu, transformée aujourd’hui en résidence de l’évêque. Quand la troupe arrive sur lui, le photographe actionne le déclencheur de son Contax.

Au centre du cliché, Simone Touseau, jeune femme de 23 ans, complètement rasée, porte son bébé dans les bras. On lui a brûlé le front au fer rouge. Au premier plan sur la droite, le père de Simone, Georges Touseau, chemine avec béret et baluchon. Derrière lui, marche Germaine Touseau, son épouse, dont on distingue la tête, tondue elle aussi… Auprès d’eux, deux policiers et plusieurs dizaines de civils – une majorité de femmes -, rigolards et vengeurs. Pendant ce temps, les combats contre l’armée allemande en retraite continuent en ville. Ils cesseront seulement le 19 août.

Simone et Erich

Que reproche-t-on à la famille Touseau par ailleurs honorablement connue avant-guerre grâce à sa branche Villette, de lointaine extraction chartraine, mainvilloise et coudryonne, et à sa boutique de crèmerie-poissonnerie installée jusqu’en 1935 à l’angle de la place Marceau et de la rue de la Pie ? Retour en arrière au temps de l’occupation.

En 1941, baccalauréat en poche, la jeune Simone a obtenu un emploi d’interprète dans les services allemands d’occupation, d’abord à la caserne Marceau, puis au centre de placement allemand situé 35 de la rue de la Tonnellerie, enfin au Front Stalag 153, siège de la Feldkommandantur, à l’angle du boulevard Chasles et de la rue Mathurin-Régnier dans les locaux réquisitionnés du groupe d’assurances Les Travailleurs Français. Cette même année, elle tombe amoureuse du soldat allemand qui gère la librairie militaire allemande (Frontbuchhandlung) installée au 26 de la rue du Bois-Merrain. La réputation de Simone est faite, d’autant que son amoureux fréquente presque quotidiennement le domicile familial des Touseau rue de Beauvais.

Fin 1942, le soldat est muté sur le front de l’Est soviétique. Quand Simone apprend qu’« Erich » a été blessé et ramené en convalescence dans sa Bavière natale, elle n’hésite pas à s’engager comme travailleuse volontaire à Munich, où elle retrouve effectivement son amant en septembre 1943. Et où elle tombe enceinte…, ce qui lui vaut d’être rapatriée en France fin novembre 1943.

De la rue des Lisses à Mauthausen

Mais il y a pire. Dans la nuit du 24 au 25 février 1943, cinq voisins des Touseau, dans un rayon de vingt mètres autour du domicile de ces derniers, sont arrêtés par la police de sûreté allemande (SD ou Gestapo). Ils ont été dénoncés par un informateur comme « ennemis de l’Allemagne » parce qu’ils écoutent la radio anglaise.

Henri Godard, Didier Hée, René Ligneul, Fernand Guilbault et Edouard Babouin sont conduits à la prison de la rue des Lisses toute proche. Godard est libéré le lendemain : il ne possède pas de poste de radio TSF ! Par contre, les quatre autres sont transférés successivement à Orléans et Compiègne avant leur déportation au sinistre camp de concentration autrichien de Mauthausen. Fernand Guilbault et Edouard Babouin ne reviendront jamais de captivité : ils meurent respectivement le 4 décembre 1943 et le 31 juillet 1944…

Fin août 1944, des accusations gravissimes de collaboration active sont lancées par le voisinage contre la famille Touseau. Surtout contre Simone et sa mère Germaine qui se sont vantées durant l’occupation d’être anticommunistes et anglophobes. En plus, au printemps 1943, Simone a adhéré au Parti Populaire Français (PPF) de Jacques Doriot, le plus nazi des collaborationnistes français… Pour Henri Godard et les épouses des voisins déportés, il n’y a donc aucun doute : les membres de la famille Touseau sont les dénonciateurs de la rafle de l’hiver 1943. Mais une conviction sans aucune preuve matérielle…

Trois semaines après les événements du 16 août, la mère et la fille Touseau sont emprisonnées à la maison d’arrêt de Chartres, jusqu’en octobre 1944, date de leur transfert pour le camp d’internement de Pithiviers. Georges Touseau (présenté comme un brave homme qui ne sait pas tenir les femmes de sa maison) et sa fille aînée Annette (à qui échoit la garde du bébé de Simone) échappent à la mesure carcérale. Mais tous les quatre sont officiellement « prévenus d’avoir postérieurement au 16 juin 1940 soit sciemment apporté en France ou à l’étranger une aide directe ou indirecte à l’Allemagne ou à ses alliés, soit porté atteinte à l’unité de la nation ou à la liberté et l’égalité des Français », crime prévu par l’ordonnance du 26 décembre 1944.

Dégradation nationale

Le 1er mars 1945, le juge d’instruction chartrain Maurice Billard fait rapatrier Simone et Germaine à la prison de Chartres. L’enquête pour atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat peut commencer. Lors des interrogatoires et des confrontations avec les témoins, les Touseau clament farouchement leur innocence. Ils sont défendus par deux avoués associés Claude Brétillard et Claude Gerbet. La procédure dure jusqu’au printemps 1946. Le dossier bouclé est alors transmis à la cour de justice de la Seine à Paris et, le 30 avril, Simone et Germaine sont conduites à la prison de Fresnes dans l’attente de leur procès.

Le 28 novembre 1946, la décision finale de la cour est ainsi formulée : « Il ressort (…) qu’il n’existe pas contre les nommés Touseau Georges, Touseau Annette, Simone et Villette Germaine femme Touseau charges suffisantes d’avoir commis le crime relevé à leur encontre (…). En conséquence, décidons le classement de cette affaire. Et requérons main levée de mandats de dépôt décernés contre Touseau Simone et Villette Germaine, femme Touseau. Toutefois, renvoyons Touseau Simone devant la Chambre Civique. » Simone et sa mère sont libérées le lendemain.

L’ultime rendez-vous judiciaire se produit le 8 mars 1947. Simone Touseau est condamnée par la 5ème Chambre civique de la Cour de Paris à dix ans de dégradation nationale, mais est dispensée de l’interdiction de séjour.

L’autre piste

La suite est une longue descente aux enfers. Pendant sa détention, en mars 1946, Simone avait appris la mort – deux ans plus tôt – de son « fiancé » allemand sur le front soviétique. Pour couper les ponts avec le cauchemar chartrain, les Touseau, sauf Annette, quittent le chef-lieu de l’Eure-et-Loir et s’installent à St-Arnoult-en-Yvelines. Simone se marie avec un comptable, a deux nouveaux enfants. Mais le couple chavire, se sépare. Simone a sombré dans l’alcoolisme. Elle décède le 21 février 1966 à Chartres à l’âge de quarante-quatre ans et demi. Son père Georges ne lui survit guère, qui meurt le 12 octobre 1969. Vient ensuite le tour de Germaine le jour de l’an 1980. Annette, la sœur aînée, a disparu le 30 avril 1997. Les quatre Touseau sont inhumés dans deux tombes distinctes dans le cimetière de Mainvilliers, commune périphérique de Chartres.

Quant au bébé sur la photographie de Robert Capa, âgé aujourd’hui de soixante-six ans, l’auteur de cet article est parvenu à le retrouver et à s’entretenir avec lui. Mais la douleur est trop immense, indicible. Promesse lui a été faite de ne pas révéler son identité. Et elle sera tenue.

Reste à résoudre l’énigme de l’arrestation des voisins de la famille Touseau. Qui est réellement à l’origine des dénonciations ? Une piste très sérieuse existe sous la forme d’une mystérieuse « collabo » de nationalité suisse, auxiliaire gestapiste, qui a sévi à Chartres pendant l’Occupation… L’enquête se poursuit.

Gérard Leray

73 Réponses à “La photographie de la honte”

  1. Quelle est l’origine de la 2e photo exposée ici (numéro 2) ? Est-elle de Capa aussi ?
    Etrange, c’est une photo posée : de quelle autorité le reporter de guerre US l’a t-il organisé ? De son propre chef ? à la demande des protagonistes ? D’ailleurs parlait-il français ?

    On attend maintenant l’ouvrage avec impatience !
    Bonne continuation,

    P.M.

  2. Cher P. Mesplé, Robert Capa est bien l’auteur de ce cliché, qui a été pris vraisemblablement en fin de matinée du 16 août 1944 dans la cour des communs de la préfecture d’Eure-et-Loir, sise rue Collin d’Harleville à Chartres.
    Capa parlait français. Qu’il ait été le commanditaire de cette photo de groupe est une hypothèse plausible. Mais sans certitude.

  3. Son Lê Nhu dit :

    Avez-vous aussi cherché ce qui est arrivé aux autres personnes de la deuxième photographie (numéro 2)?
    Bonne poursuite dans votre enquête.

  4. A Son Lê Nhu : sur la photo numéro 2, à part les quatre Touseau (Simone, son bébé, sa mère et son père), j’ai seulement réussi jusqu’à présent à identifier une autre femme tondue qui se tient les bras croisés juste derrière Georges Touseau, lequel est assis sur le pavage de la cour de la préfecture. Cette femme s’appelait Yvonne SERGENT (1908-2004).

  5. Il existe un documentaire de 10 mn (1994) de Guido Knopp et Ulrich Lenze sur le sujet, passé dans "Des images qui ont fait l’histoire".

  6. J’ai entendu parler de ce documentaire grâce à un article de la République du Centre signé André Godderidge, publié le 10 mars 1994. Feu l’historien Roger Joly avait été contacté par l’équipe de télévision. C’est lui qui avait exhumé les premières bribes de l’affaire Touseau.
    Si vous disposez d’un enregistrement, je suis preneur.

    En particulier, je suis à la recherche de la fille du coiffeur qui a tondu les femmes chartraines, qui est citée dans l’article de la Rep’.

    Bien à vous.
    GL

  7. Patrick Ingremeau dit :

    Excellent travail d’investigation historique sur un épisode trouble et relativement méconnu (peut-être parce que peu glorieux de notre histoire). Bravo et merci

  8. bonjour,
    ce moment lamentable de l’histoire de france est hélas connu, facile de s’n prendre aux femmes quelqu’en soient les raisons.
    les tondeurs sont devenus aussi barbares que leur bourreaux.
    ce genre de scène me revulse toujours autant, ayant eu un grand oncle FFI (un vrai) fusillé sur dénonciation.
    sinon beau travail de recherche, j’en ai la larme à l’oeil, tellement la bassesse humaine n’a pas de limite.

  9. Votre idée me gêne. Partir à la recherche des noms, n’est-ce pas dénoncer une deuxième fois ?
    (Question sincère, non polémique, juste pour avoir votre opinion. Je ne vois pas très bien ce qu’il a à gagner à mettre des noms sur des gens qui nous resterons inconnus, même nommés, alors que je vois bien ce que ceux qui sont en lien avec eux ont à y perdre : qu’en pensez-vous?)

  10. A VS : le travail de recherche entrepris sur cette photographie a une vocation exclusivement historique. Il ne vise pas à juger une seconde fois, surtout pas !
    Quand je fais étudier ce cliché à mes élèves de lycée, le sentiment de révolte contre l’humiliation faite à cette femme et à ses parents l’emporte par-dessus tout. Alors qu’à l’époque, Simone Touseau aurait très bien pu être massacrée par la foule vengeresse.
    Le temps a passé : soixante-cinq ans ! Le temps est venu, à mon avis, avec le recul, de commencer à analyser sérieusement les événements. Tous les gens sur la photographie des tondues (à l’exception du bébé) sont décédés. Et j’ai promis au bébé de le laisser en paix. C’est le cas aussi de quasiment tous les témoins sur la photographie célèbre de Capa. A l’exception de trois ou quatre d’entre eux.
    Leurs souvenirs m’intéressent. Pour l’Histoire, la grande, pas celle de la bassesse. Bien à vous.

  11. Patrick Ingremeau dit :

    Bonjour,

    Je comprends la question de VS mais aussi votre démarche. Je ne vois aucun jugement dans votre article. Depuis Hérodote, faire de l’histoire, c’est d’abord mener une enquête.

  12. Bonsoir, dites au Bébé qui à 65 ans aujourd’hui toute ma compassion et toute mon amitié, cette profonde injustice faite à cet homme me répugne. Bon courage.

  13. Je transmettrai volontiers votre message d’humanité.
    Bien à vous.

    GL

  14. Bonjour, dès le mois d’août dernier j’avais publié cette photo pour marquer la libération ce Chartres. Je viens de remasteriser l’article "Les Bons Français" en créeant un lien direct avec ce site consacré à La Tondue de Chartres… Bravo Gérard continue et laisse dire les langues de vipère… Cordialement G. HAUTEFEUILLE

  15. anne gautier dit :

    Merci de vous être intéressé, avec des jeunes, à cette photo qui a marqué tant de générations. Comme celle du " fusillé souriant" sortie de l’anonymat par Christophe Grudler.
    Mais il me semble dangereux de lancer dans le public une telle recherche de noms ( une nouvelle délation, tant d’années plus tard); Je partage assez l’avis de VS. Vous répondez que vous faites recherche historique. Vous, sans doute mais le public que vous appelez à participer?
    Comme Broutet, je m’associe à la compassion et au respect de ce " bébé" de Chartres.

  16. Chère Madame Gautier, je suis peiné que vous utilisiez ce terme de délation. Qui dit dénonciation dit coupable. Or, je le répète, l’historien digne de ce nom ne juge pas. Il raconte, analyse, tente d’expliquer, avec le recul, la folie et les passions des hommes sur le sujet en l’occurrence.
    Vous pouvez me croire, jusqu’à présent, les témoignages que j’ai recueillis de la part des témoins sont respectables, jamais inspirés par les haines de l’époque.
    Je vous demande de patienter encore quelques mois pour juger l’ouvrage historique.
    Bien à vous.

  17. langelot cyril dit :

    la bêtise humaine, la crasse, la médiocrité, cette hilarité insoutenable chez ces gens, cette femme, seule, avec son enfant dans les bras.
    Je ne peux jamais regarder cette photo sans que la colère me prenne, devrais-je dire la rage… ou la frustration de ne pas pouvoir intervenir, pour sauver cette femme et son enfant de la bassesse humaine.
    Même si, sur bien d’autres points, je ne suis pas d’accord avec vous, je tiens à vous féliciter pour votre travail, celui-ci va rendre la dignité volée à cette femme.
    S’il vous plait, transmettez à son fils que, comme d’autres, je respecte sa maman. Et juge indigne ces hilares.
    Cyril LANGELOT
    conseiller municipal de Châteaudun, UMP

    • Juger des gens que vous ne connaissez qu’à travers un cliché et plus de 45 ans après les faits dans un contexte très différent et donc avec un regard très différent ne fait que vous rapprochez de ceux que vous condamnez. La lecture de de cet article invite plutôt à la retenue, vous vous seriez honoré à vous en tenir à cette attitude.

  18. Merci Monsieur.

    Bien à vous.

    GL

  19. la "piste suisse" paraît intéressante mais sait-on si elle a pu regagner la Suisse et ainsi échapper à la justice française ? Et quid de son amant, chef de la Gestapo locale ou du "célèbre" Commissaire Portes semble-t-il devenu "Résistant" en 1944 après avoir traqué les Juifs sous l’Occupation ? Le groupe dit "Honneur de la Police" de la Préfecture de Police de Paris a ainsi sans doute eu des membres ayant participé à la Rafle du Vél d’Hiv (même si certains auraient prévenu de la future rafle leurs victimes).
    Ce travail historique me paraît nécessaire car le mythe des 40 millions de Résistants a vécu depuis longtemps !

  20. A JM Prieur : tous mes efforts sont concentrés actuellement pour répondre aux questions que vous posez judicieusement.
    Bien à vous.
    GL

  21. Christine Saussaye dit :

    Professeur de français, j’ai fait travailler mes élèves de 2nde sur cette photo de Capa, mise en perspective avec un poème magnifique de Paul Eluard (Comprenne qui voudra) et une chanson de Brassens (La Tondue) ; les élèves n’avaient jamais eu connaissance de ces actes barbares commis à la libération, ils ont été bouleversés ; ils souhaitent faire part de toute leur émotion : horreur pour cette foule vindicative et haineuse, compassion pour cet enfant innocent, né de l’amour.

    Comprenne qui voudra
    Moi mon remords ce fut
    La malheureuse qui resta
    Sur la pavé
    A la robe déchirée
    Au regard d’enfant perdue
    Découronnée défigurée
    Celle sui ressemble aux morts
    Qui sont morts pour être aimés (Eluard, extrait)

  22. Pontoire Jean dit :

    à Gérard Leray, Je suis intéressé par vos recherches qui peut-être pourraient s’étendre aux tortures et deénonciations. J’avais moi-même, avec mon ami Roge Joly commencé des recherches sans leur avoir donné de suites. L’objet de mon travail concernait plutôt la prison de la rue des Lisses et les tortures qui étaient pratiques rue des Vieux Capucinns, notamment sur l’avoué et résistant Pierre July et sur le résistant et menuisier de Maintenon, Fermine qui fut hélas assassiné par la famille Sadorge en 1945. J’étais allé plusieurs fois en juillet 44 à la prison de Chartres porter des vivres pour mon père et une chemise (non ensanglantée et déchirée!) pour son compagnon de cellule Pierre July . J’ai également été jeune ami de Maurice Glédel, assassiné en 44, suite à des bavardages de deux filles auprès d’un Allemand dont l’une a été condamnée en 45…
    S

    • A Jean Pontoire,
      j’ai commencé des recherches historiques sur la résistance dans le canton de Nogent-le-Roi dès 2004. Je recherche entre autres des témoignages sur Gledel. J’ai déjà quelques renseignements.
      Je vous propose de nous contacter si vous le souhaitez.
      Bonne journée.
      Cordialement.
      EL

      • GLEDEL Corinne dit :

        Bonjour,
        Je suis la fille d’un de ses frères. Mon père venant de décéder nous avons retrouvé plein de documents sur Maurice Glédel dans la maison de famille à Chandelles.

      • Latreille dit :

        Bonsoir,
        tout d’abord, je vous présente mes condoléances.
        J’aurais aimé m’entretenir avec votre père à propos de
        la Résistance et de la guerre s’il l’avait connue.
        Je serais intéressée par les documents sur Maurice Gledel s’il vous est possible de me les laisser consulter. Pour l’instant, j’essaie de collecter le maximum d’informations
        même indirectes.
        Cordialement.
        Madame Latreille.

      • GLEDEL Corinne dit :

        Bonsoir,

        Mon père ne nous a jamais parlé de la guerre et de ce qui est arrivé à son frère…nous découvrons tout dans les photos, articles de journaux, documents personnels….Pourquoi ces documents vous intéressent-ils ? Il y a déjà quelqu’un qui m’a contacté et qui est en train d’écrire un livre et qui est aussi intéressé par des informations. Vous pouvez m’écrire à corinne.legros@laposte.net

  23. En regardant cette photo, c’est un peu de mon histoire familiale que est remontée à la surface (membre de ma famille collaborationniste) et j’avoue que cette foule haineuse face à cette femme et son bébé m’a ému au plus haut point ! Bonne chance dans votre démarche pour réparer l’ignominie.
    Eric

    • Il ne faut pas oublier que si , au moment où cette photo a été prise, la haine était du côté de la foule, quelques mois plus tôt , si l’on se fie à cet article, la haine était du côté de cette jeune femme et de sa mère, adhérentes du PPF dont les exactions furent légion.

  24. Raphaelle dit :

    Je réalise un esposé sur cette oeuvre dans le cadre de l’histoire des arts !
    Je voudrais savoir quelque chose, c’est peut-etre une question stupide, mais bon… qui a-t-il dans le sac porté par Georges Touseau ?
    Merci d’avance
    Cordialement, raphaelle

    • Les Touseau avaient été arrêtés aux premières heures du matin. Dans le sac se trouvent des vêtements de rechange, tout simplement, dans la perspective d’une incarcération.
      Bien à vous.
      GL

  25. Raphaelle dit :

    Je voudrais acheter le livre. J’ai vu sur alapage.com que l’on pouvait l’acheter mais qu’il fallait le précommander. Si je l’achète maintenant est-ce qu’il y a une chance que je l’ai dans 1 ou 2 semaines ?
    Merci d’avance
    Cordialement, raphaelle

  26. Chère Madame,

    Puissiez-vous patienter jusqu’en septembre 2011. Vous ne le regrettez pas.
    http://tonduechartres.wordpress.com/2011/04/16/parution-en-septembre-2011/
    Bien à vous.
    GL

  27. Je ne connaissais pas du tout cette photo javais entendu parler des tondues mais pas de chartres (je vis près de chartres depuis peu et cest en entendant tondue de chartres a la tv que jai lancé la recherche google)( je suis passionné d’histoire malheuresement n’en fait pas son métier).
    je lierai votre livre en espérant que vos recherche ont abouti a ce que vous souhaitiez. étant maman ça me fait mal a coeur de pensé que cette femme n’a pas vu les premiére années de son bébé a cause de la vengeance comment peut on faire cela un bébé né de l’amour cest vraiment triste. les guerres font faire des choses horribles la méchanceté humaine améne a des catastrophes. Je suis surement bien trop utopique du haut de mes 22 ans mais jaimerais d’un monde bien plus simple ou la méchanceté la haine et le violence n’existerai pas. toute ma sympathie a ce bébé. et merci aux historien pour tout leur travail leurs recherches pour nous faire comprendre et nous apprendre ce qu’a pu être le monde avant nous ! et si possible éviter les mêmes erreurs

    • Nicolas de Fourmestraux dit :

      Petit fils du Docteur Jacques de Fourmestraux, j’ai quitté Chartres en 1987 en brulant des caisses de documents sur l’épuration de Chartres, qui trainaient dans le grenier.
      Dommage pour les historiens, mais je l’ai fait volontairement à l’époque . Je considérais que ces documents étaient encore "chaud", confidentiels et ne m’appartenaient pas . Je ne pouvais pas les laisser derrière moi. Avec les années qui passent on peut avoir envie de se retourner maintenant vers le passé. Je regrette maintenant pour votre travail…

      • Antoine Block dit :

        Monsieur de Fourmestraux,
        Ce que vous avez fait est effectivement d’une stupidité rare. Je peux comprendre vos réticences à voir dévoiler trop rapidement (43 ans après les faits, tout de même) les informations que vous déteniez (et qui concernaient peut-être le rôle de personnes de votre propre famille). Mais de là à détruire des documents historiques uniques !!! Vous auriez pu conserver ces documents dans une caisse scellée, vous auriez pu les léguer à une société historique avec interdiction de publication avant telle date, etc. Il y avait beaucoup de solutions. Vous avez choisi la pire.

  28. Très bel article que je viens de lire.. je suis ému en pensant à cette femme avec tout ce qu’elle a pu endurer…..Auriez-vous l’obligeance de saluer le fils de cette dame .. je le salue bien bas….avec beaucoup de respect…..Je suis un officier de police retraité et j’ai pu constater hélas la bassesse de certains êtres humains…..

  29. Merci! pour votre excellent travail de recherche,
    c’est avec un immense plaisir que j’apprends que ce petit enfant que tout le monde a l’air d’ignorer et de " s’en foutre " littéralement est vivant , mais quelle sale époque, l’être humain est vraiment ordurier et imbécile. Mes sinçères salutations à cet enfant qui a mon âge actuellement, je suis né le 31 Aout 44.

  30. Alexandre dit :

    Bonjour, je suis aussi un élève de 3ème et La Tondue de Chartres est aussi un de mes sujets. Mais je n’ai pas trouvé de problématique. Une idée?
    Merci.

  31. Bonjour Alexandre,

    Avant de parler de problématique, quel sentiment t’inspire la photo de Capa ? Une fois que tu auras progressé sous cet angle, cela te paraîtra plus facile.

    Ceci dit, tu peux te poser la question suivante :

    La femme tondue est-elle innocente ou coupable ?

    A te lire.
    Très cordialement.

    Gérard Leray, auteur de la Tondue, 1944-1947

    • Alexandre dit :

      Merci beaucoup de votre réponse.
      Cette photographie provoque en moi de la tristesse, une certaine révolte et d’autres sentiments que je ne saurai expliquer.Je ne veux pas juger quiconque acteur dans la photographie car je n’ai pas vécu les événements.Je suis juste là, en l’observant, simplement comme spectateur, et même si cette femme est coupable ou non, elle ne mérite pas la honte qu’on lui inflige.
      Toutefois, votre réponse m’éclaire beaucoup maintenant, merci encore.

      • Alexandre, je vous suggère une problématique: en quoi une représentation photographique (un cadre, des personnages sélectionnés qui écartent d’autres cadres, d’autres personnages) peut focaliser la compassion envers certains, la stigmatisation envers d’autres et l’indifférence envers le plus grand nombre le tout dans l’ignorance du contexte historique général et même particulier.

  32. De retour de Chartres, élément de contexte (sans souci de justification), le 16 août 1944, soit 2 jours avant que Capa ne prenne sa photo, 2 résistants ont été tué par les troupes allemandes, on peut comprendre que devait régner une certaine exacerbation des tensions et qu’il faisait pas bon à être pris comme bouc émissaire, ce qui devint inévitable pour une personne ayant adhéré au PPF, ayant été travaillé en Allemagne … etc.

  33. Catherine dit :

    Comprendre que cela ait pu arriver à la suite de l’Occupation, de la collaboration d’Etat et des crimes commis par les Nazis et leurs acolytes de la Milice, des dénonciations, des déportations, certes… mais je suis toujours aussi choquée par la vue de cette femme tenant une âme innocente dans ses bras et livrée à la vindicte populaire, d’autant plus que bon nombre de Français ont été loin d’être des résistants exemplaires durant cette période sombre de notre histoire et ont pourtant été bien prompts à condamner sans même prendre le temps de juger lorsque le vainqueur eut changé de visage. Ainsi, tout en condamnant fermement les exactions commises par les Nazis et leurs consorts fascistes, je ne peux qu’être fière d’être envahie par un sentiment de compassion envers le sort de cette mère, quels qu’aient pu être ses torts, et de son bébé. Je me suis souvent demandée ce qu’ils avaient pu devenir après la prise de ce cliché, quel avait été l’avenir de l’enfant de cette femme ainsi humiliée, je vous remercie donc pour ce travail de recherche qui apaise mon questionnement et j’espère que ce bébé devenu adulte a pu et su à la fois se libérer du passé trouble de sa mère, sans pour autant la rejeter, et se construire une vie sereine, je la lui souhaite en tout cas… je pense souvent à cette phrase de l’un des fusillés de l’Affiche rouge, citée par Louis Aragon dans son beau poème éponyme, qui à la veille de sa mort écrit "Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand…" Une fois que sont vaincus et désarmés les bourreaux, le moment n’est-il pas venu pour les vainqueurs de dépasser leur soif de vengeance et de faire preuve d’humanité justement envers ceux qui les oppressaient auparavant? Je crois que là réside la grandeur de l’homme et qu’il peut ainsi échapper à la barbarie dans laquelle il est si facile de sombrer…

    • Monsieur HR dit :

      Désolé, mais pour moi, les bons sentiments, à tant d’années de distance, cela me semble très facile. Et je ne pense pas qu’ils soit plus juste, ni plus censé, de juger à froid la "vindicte populaire" de l’époque que de juger cette femme à chaud sans le contexte de l’époque.
      Par ailleurs, il me semble, mais je saurais pas être précis, que l’enfant a récemment publié un livre, qui montre une réelle souffrance.

      • Quelles sont les références de ce livre ? Permettez-moi de douter de son existence.

      • Monsieur HR dit :

        Je n’ai, hélas, pas de réponse précise à vous fournir. Il me semble avoir lu un article sur ce sujet dans Télérama, il y environ 2 mois. Encore une fois, je n’ai pas de certitude.

      • Catherine dit :

        Cela n’a rien à voir avec "des bons sentiments", d’ailleurs à l’époque des résistants eux-mêmes se sont opposés à ces condamnations hâtives et ont su faire la part des choses…

  34. Je vous confirme absolument la souffrance du "bébé" . Justement, je ne le crois pas disposé à ce jour à témoigner. Il faut respecter cela.

    • Monsieur HR dit :

      Absolument d’accord avec vous pour respecter la volonté de cet homme.
      Reste que je suis troublé par le souvenir de cet article était ce une fiction ou une affaire similaire ?

      PS J’ai passé 2 jours à Chartres début mai. Grâce à vos indications très précises, j’ai pu retrouver l’endroit où Capa a pris sa photo. J’en ai moi même prise une , mais qui enregistre une scène banale de la vie quotidienne, insouciante, tout paraît effacé.
      J’ai également découvert la plaque rendant hommage aux 2 résistants tués le 16 août. Sans doute, avaient ils, aux aussi, une famille, des enfants, mais qui s’en soucie ? Finalement, on peut s’interroger sur les effets de la photo de Capa, qui focalise (c’est le propre de toute photo) sur un évènement, ce qui revient à occulter tout le reste. Le travail de l’historien ne consiste t il pas, précisément, à reconstituer tout ce reste ? Merci de continuer ce travail.

  35. A lire … la pièce écrite par Henning Mankel, "Des jours et des nuits à Chartres" qui raconte (peut-être en s’éloignant un peu de la vérité historique) l’histoire de cette femme en s’appuyant sur cette photo.

  36. Violante Angela Greiffenberg dit :

    bonsoir,
    merci pour cet éclairage sur cette photo que pour ma part j’avais appelé "la horde". J’ai toujours trouvé que cette femme avançait comme une reine au milieu ces gens qui semblent fondre sur elle comme des vautours, son regard contre le profil de l’homme en l’uniforme est d’une indicible dignité, qui rend toute la foule encore plus misérable.
    La jouissance de la horde n’est rien d’autre que celle de la frustration, de la revanche, de l’envie, celle des "braves gens" en face de l’objectivation de leur propres "démons".
    J’ai vu il y a quelques années un documentaire sur les femmes tondues à Chartres et une habitante, dans une rue que j’identifie très bien, 60 ans plus tard, se rappelait de la scène qu’elle avait vécu petite fille et justifiait encore cette violence, au titre que "c’était mérité".
    Que peut on faire contre la sottise ?
    Pas grand chose hélas.
    Je suis grace à vous heureuse de savoir que le "bébé" a vécu. Je suis profondément affecté qu’il ait perdu sa mère trop tôt, que cette femme ait eu une vie si tragique, qu’il n’ait pas connu son père, qu’il souffre encore aujourd’hui de ce drame qui a pesé sur son existence entière.
    Je lui adresse toute ma sympathie et vous remercie pour ce travail accompli, avec justesse et retenu.

    • Dommage pour l’enfant. Toutefois, mes grands parents ainsi que la population de l’époque ont toujours gardé une profonde haine pour la soldatesque allemenande, ses bourreaux et ses collaborateurs. Dans vos propos, vous ommettez complètement la misère, la faim, la peur, le désespoir, l’amertume et les massacres d’une population. Il est vrai qu’en France, nous n’en avons que peu parlé. Une fois que les archives seront enfin ouvertes, nous pourrons enfin réellement tiré des leçons du passé.

  37. Violante Angela Greiffenberg dit :

    @Latreille : Dommage pour l’enfant… Apparemment personne pas même vos grand parents n’en avaient quelque chose à faire. Si la population a gardé la "haine" de la "soldatesque allemande" comme vous l’appelez c’est que manifestement elle a stigmatisé quelque chose qui la dépasse. C’est pour cela que cette photo a cette force. Capa a photographié une icône.
    En tout cas, je trouve vos propos d’une violence sourde aussi intacte que celle fixée sur le négatif de Capa.
    La Loi a innocenté cette femme et 60 ans plus tard, la détestation populaire est toujours là, obstinée.
    Les faits sont têtus, même lorsqu’ils ne sont pas prouvés voire lorsqu’ils sont improuvables.
    Quant aux archives, pour les rouvrir, il faudrait déjà qu’elles n’aient pas été détruites, ce que certaines personnes ont cru judicieux de faire (voir post antérieur : cf Petit fils du Docteur Jacques de Fourmestraux, j’ai quitté Chartres en 1987 en brûlant des caisses de documents sur l’épuration de Chartres(…))
    L’épuration est de toute façon un acte barbare, d’où est exclue la justice et où ne s’exprime que la brutalité inhérente au genre humain.

    • Monsieur HR dit :

      Encore un jugement moral porté à posteriori qui ne me semble pas moins violent et barbare que les faits qu’il prétend dénoncer. Totalement inutile.

    • @ Greiffenberg. Mes grands-parents n’y étaient pas et j’évoquais alors les faits d’une époque.
      Vos propos plein d’emphases et vos remarques sont indécents et irresponsables car hors contexte. Pour que cette femme soit réellement innocentée dans les esprits, il faudrait que TOUTES les archives, dont peu auraient été détruites, soient ouvertes. La grande peur des autorités est l’ouverture des archives alors que les Américains et les Allemands l’ont fait pour le Vietnam, la STASI….Nous rendrions pourtant l’honneur et des hommages posthumes à beaucoup de gens et en condamnerions d’autres. Mais c’est un serpent de mer…
      D’après mes souvenirs, cette dame aurait pû quitter sa famille et se réfugier chez des religieuses. Toutefois, elle a fait le choix de rester près de ses parents collaborateurs.
      Quant à l’épuration, juridique ou non, elle a été très inégale et parfois violente. Entre 1944 et 1947, beaucoup de bourreaux ont été innocentés par les tribunaux. L’épuration a été plus courte que dans d’autre pays notamment comme l’Allemagne. Pensons à Papon ou Bousquet qui ont envoyé des milliers de Juifs à la mort.
      Une émission d’Arte diffusée hier (Mystères d’archives. 1945 : L’ouverture des camps en Allemagne) montre des films américains d’Auscwitz, Dachau…Le poids d’un adulte moyen était de 36 ou 37 kilogs. Des milliers de cadavres pourrissaient à l’air libre dans des trains. Les SS collectionnaient des peaux tatouées, des têtes réduites humaines…Il est diifficile à notre époque de concevoir un tel niveau d’abjection, de haine et de bêtise et c’est heureux.

      • Greiffenberg dit :

        @Latreille : Libre à vous de juger mes commentaires inutiles et emphatiques.

        Si vos grands parents n’y étaient pas, relisez vous, votre commentaire commence par "mes grands parents (…) ont toujours gardé une profonde haine (…).
        Je ne prétendais pas qu’ils soient sur la photo, mais à vous lire, ils cautionnaient d’une façon l’acte dont elle a été victime.

        Je faisais remarquer le paradoxe de vos regrets pour l’enfant et votre acharnement envers une personne qui a été jugée. Et innocentée.
        A tort ou à raison, vous n’êtes pas juge. Et moi non plus.

        L’épuration est barbare. Point. La justice n’y a pas sa part.
        Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est un fait.
        Et les victimes (y compris celles qui n’en sont pas, à commencer par votre famille, qui fut "victime" de la guerre au même titre que tous les peuples qui étaient les otages de cette guerre mondiale) deviennent les bourreaux.

        Comme mon nom ne l’indique pas, mon grand père a du user de ruses infinis pour ne pas être déporté et pour sauver mon père qu’il a caché en Normandie.
        Alors me parler des camps est tout à fait bienvenu dans mon histoire personnelle.
        Vous vous heurtez à ce que vous pensiez brandir comme un étendard vertueux.
        1 point Goldman pour vous.

        @ HR : Si ma capacité à pouvoir regarder cette photo pour ce qu’elle est, son symbole et ce qu’elle reflète, sans renoncer aux faits de l’époque vous déplait, je n’y peux rien si vous êtes étriqué.
        Cette femme est une icône, elle symbolise la barbarie de l’épuration, c’est aussi indiscutable que le jugement qui l’a rendu innocente des faits qui lui étaient reprochés.

        Maintenant, si quelqu’un des éléments à charge à produire, qu’il s’adresse au procureur de la république.

        Rien strictement rien ne peut cautionner la barbarie, surtout lorsqu’on avance les arguments des camps de la mort pour la justifier.

      • Je n’ai pas été bien comprise ou alors je n’étais pas assez explicite.
        Les gens de l’époque vivaient dans état de terreur et de dénuement sous la coupe de racistes. Les Gaulois étaient tout comme les Juifs considérés comme une race inférieure aux Germains et considérés comme tels. (cf. Godineau).
        Par des témoignages de seconde main, la femme présentée est l’épouse du chef de la Milice de Chartres et des environs, responsable de la déportation de centaines de Résistants et de Juifs. Son mari était un bourreau notoire. Ce serait son père portant la valise derrière elle sur la photographie. Sa famille avait collaborée avec la Gestapo et la SS.
        Quant cette dame, elle reste encore considérée comme une salope à notre époque. Je ne fais alors que rapporter des faits et des opinions auxquels je ne peux strictement rien.

  38. Le père serait en fait devant elle avec le sac.
    A d’autres époques, cette femme aurait été brûlée vive ou lapidée.
    Les gendarmes et la police ont évité en France de nombreux lynchages et exécutions sommaires.

  39. Désolé, avec la chaleur. Je voulais écrire : Arthur de Gobineau et ses théories raciales.

  40. Monsieur HR dit :

    Violante Angela Greiffenberg écrit « Cette femme est une icône, elle symbolise la barbarie de l’épuration, c’est aussi indiscutable ». Cette assertion me conduit à plusieurs observations.
    La photographie de Capa représentant « la tondue de Chartres », un instantané, coupé de l’ensemble de sa production photographique, devient une icône, comme d’ailleurs une autre de ses photos célèbres, celle du guérillero tombant sous les balles franquistes pendant la guerre d’Espagne. C’est un usage dangereux et abusif de la photographie qui devrait nous inciter plus de précautions dans l’utilisation de l’image pour échapper au dangereux empire de l’émotion.
    Le raisonnement de Violante Angela Greiffenberg conduit à mettre sur un pied d’égalité la barbarie nazie qui fut une barbarie théorisée, planifiée et organisée à une échelle industrielle faisant des millions de victimes (résistants de toutes nationalités, juifs, gitans, …) et cette scène de Chartres, bouffée de violence certes rétrospectivement cruelle, dérisoire et stupide mais réaction spontanée et limitée dans le temps, avec des acteurs qui ne disposaient pas, à ce moment, de pouvoir de se mettre à distance des événements, comme nous le pouvons aujourd’hui .
    Violante Angela Greiffenberg assimile cette scène à l’épuration. Il me semble qu’il s’agit d’une confusion. Sans être historien, l’épuration fut à la différence du mouvement de foule (était elle si nombreuse?) photographié à Chartres, une opération conduite par les autorités à la Libération pour écarter des postes de responsabilité ceux qui avaient perdu honneur et crédibilité du fait de leur collaboration avec les nazis. C’est ainsi que les biens de Louis Renault furent, par exemple, nationalisés. On sait aussi que, pour des raisons diverses, certains responsables échappèrent à cette opération comme, par exemple, Maurice Papon, qui eut l’occasion moins de 20 ans plus tard de se rendre à nouveau responsable d’actes de barbarie, cette fois ci au nom de la raison d’État donc en toute impunité.
    Encore une fois, il me semble, que face à cette photo, nous devons plus chercher à comprendre ce qui s’est passé (sans chercher à juger ni à justifier), ce qui implique de ne pas s’en tenir à une réaction émotionnelle (qui ne l’a pas eu?) mais à faire un vrai travail d’historien et de sociologue. Faute de quoi nous risquons de retomber dans les mêmes travers que ceux s’étant produit dans le passé. Le recul qui se produit avec les années me semble rendre possible ce travail.

    Maintenant, Violante Angela Greiffenberg, si ce point de vue, vous semble témoigner d’une vision étriquée, libre à vous mais je crains que vous ne puissiez, en fait, jamais être en mesure de discuter avec grand monde. Désolé.

  41. Monsieur HR dit :

    Par ailleurs, VAG, comment qualifiez vous le procès de Nuremberg ?

  42. Greiffenberg dit :

    @HR Cher Monsieur, relisez mon commentaire… vous avez manqué un point important. Mon grand père (paternel) était juif.
    Je ne suis pas en mesure de discuter avec ce grand monde, dont vous faites assurément partie, de ce fait, votre question concernant le procès de Nuremberg est sûrement un effet de manches, mais là, voyez vous, le silence que je vous opposerai est la plus éloquente des réponses.
    Je pense également, qu’au lieu de n’écrire que pour vous relire, vous devriez prendre en compte tous les éléments de la discussion avant de répondre.
    @Latreille : Je comprends votre point de vue. Bien sûr que l’attitude de la foule aurait pu être pire. J’insiste, ma réponse était motivée par le fait d’écrire "dommage pour l’enfant".
    Et mon premier commentaire tenait à ce que véhicule la photo.
    Je tiens également à dire que ma grand mère (maternelle) a eu des amants allemands.
    Je suis la petite fille d’une salope comme vous l’écrivez.

    Mon histoire personnelle me permet de porter un regard moins minable et convenu que le vôtre "HR", planqué derrière votre pseudonyme. Je n’ai pas honte de mon histoire. Les gens "bien pensant" sont souvent les pires. Le plus grand nombre, comme vous les appelez.

    Bien à vous,

    V. A. Greiffenberg

    • Oui du point de vue des personnes de l’époque si votre grand-mère avait eu des relations sexuelles avec l’Occupant. Les femmes ayant des relations hors mariage étaient taxées de putains et de traînées. Certaines étaient jetées à la rue pour ce seul fait. Personnellement, je me contre-fiche de la vie sexuelle des gens.
      Là encore, vous prenez les gens à parti alors que chacun essaye de confronter les témoignages et/ou écrits qu’il a à sa disposition. Vous confondez des époques, des lieux, des gens, des opinions, des faits…En clair, vous avez sauté à pieds joints dans le tas de fumier du fermier du coin et vous débarquez crotté dans son salon. Ou si vous préférez, vous avez remplacé la figurine du petit Jésus dans la crèche lors de la messe de Noël par un cadavre décomposé.
      N’oubliez pas que si certaines tondues ont été des amantes ou des épouses placides, des femmes de ménage, des secrétaires…, d’autres étaient des auxiliaires zélées de Gestapo et des SS voire des bourreaux.
      Si la dame présente a été ensuite innocentée par la justice française, c’est tant mieux pour elle…
      Toutefois, le travail et devoir de mémoire et de justice n’ont pas été fait comme en Allemagne. C’est pourquoi il existe autant de contreverses et de conflits.

  43. Monsieur HR dit :

    Sans commentaire hélas.

  44. je voudrait savoir quel est le drapeau au fond. c’estle drapeau allemand, français , resistant…?

  45. Aussi, les personnes qui marchent avec la femme tonue sont des resistants ou non?

    • Sur la photo, il n’y a qu’un seul résistant authentique. Il est le policier en civil (en chemisette) qui se trouve derrière la tondue. Il s’appelait Louis Pennanec. Ce jour, il s’occupa de protéger la jeune femme contre la furie collective.

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